Abattoir d'Ath : GAIA saisit la Commission européenne et dénonce les graves défaillances des autorités wallonnes

Bruxelles, le 29 juin 2026 – Après les révélations de GAIA sur de graves faits de maltraitance animale à l'abattoir d'Ath, confirmés par un rapport d'un vétérinaire indépendant, les autorités wallonnes n'ont ni suspendu provisoirement les activités de l'établissement, ni procédé à un contrôle immédiat. Il a fallu attendre trois jours avant qu'un premier contrôle ne soit effectué et, malgré des infractions constatées à deux reprises, elles n'envisagent désormais qu'un simple rapport assorti de recommandations.
Pour GAIA, cette gestion révèle de graves défaillances dans le contrôle et l'application de la législation sur le bien-être animal. L'organisation déposera une plainte auprès de la Commission européenne.
« Ce dossier ne met pas seulement en cause un abattoir. Il met en cause la façon dont les autorités exercent leur mission de contrôle et font appliquer la loi. Lorsque des images d'une telle gravité sont confirmées par un vétérinaire indépendant et que les autorités constatent elles-mêmes des infractions, la réponse des pouvoirs publics ne peut pas se limiter à attendre trois jours avant un premier contrôle, puis à annoncer un simple rapport assorti de recommandations. », déclare Sébastien de Jonge, Directeur des opérations de GAIA.
Une réaction des autorités totalement insuffisante
Les images de GAIA ont été rendues publiques le 16 juin. Elles documentaient de graves violations de la législation sur le bien-être animal. Pourtant, il a fallu attendre trois jours avant qu'un premier contrôle officiel ne soit effectué. Un tel délai laisse largement le temps de modifier certaines pratiques, de faire disparaître des indices ou d'adapter temporairement le fonctionnement d'un établissement avant l'arrivée des inspecteurs.
L'organisation rappelle qu'en 2017, à la suite du scandale de l'abattoir de Tielt, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, avait ordonné la suspension provisoire des activités de l'établissement. Aucune mesure comparable n'a été prise dans le dossier d’Ath.
Plus préoccupant encore, les deux inspections réalisées par l'Unité du Bien-être animal ont confirmé l'existence d'infractions. Pourtant, les autorités n'envisagent à ce stade qu'un rapport assorti de recommandations adressé à la Ville d’Ath.
GAIA saisit la Commission européenne
Face à ces défaillances, GAIA déposera dans les prochains jours une plainte officielle auprès de la Commission européenne. L'organisation estime que la Wallonie manque à ses obligations découlant du Règlement (CE) n° 1099/2009, qui impose aux États membres de garantir un contrôle effectif et une application rigoureuse des règles relatives à la protection des animaux au moment de leur mise à mort.
Cette plainte ne vise pas uniquement les faits constatés à Ath. Elle porte plus largement sur le fonctionnement du système de contrôle et sur la manière dont les autorités wallonnes exercent leurs missions de surveillance et d'application de la législation en matière de bien-être animal.
GAIA rappelle que les services d'audit de la Commission européenne avaient déjà identifié d'importantes faiblesses dans le système belge de contrôle du bien-être animal lors de l'abattage. Dans son audit de 2020, la Direction générale de la Santé et de la Sécurité alimentaire (DG SANTE) concluait que les progrès réalisés depuis l'audit de 2014 étaient limités et relevait notamment des insuffisances dans la coordination entre autorités et l'efficacité des contrôles officiels.
« Les règles européennes ne sont pas facultatives. Lorsque de telles infractions sont révélées, les autorités doivent agir avec toute la fermeté nécessaire. L'affaire d'Ath met en lumière des faiblesses préoccupantes dans le système de contrôle. C'est précisément ce que nous demandons aujourd'hui à la Commission européenne d'examiner. » , conclut Sébastien de Jonge.
GAIA appelle le Gouvernement wallon à revoir en profondeur la législation relative aux abattoirs, en renforçant les contrôles, en révisant les normes applicables aux établissements et en rendant obligatoire l'installation de systèmes de vidéosurveillance couplés à une analyse automatisée des images par intelligence artificielle, afin de détecter en temps réel les infractions au bien-être animal et d'alerter immédiatement les autorités compétentes.
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Sébastien de Jonge
















