Bien-être animal : à l’approche de la moitié du mandat, GAIA dénonce un bilan désastreux du gouvernement MR–Les Engagés
Bruxelles, le 30 octobre 2026 – Seuls 23 % des Wallons sont satisfaits de la politique du gouvernement wallon en matière de bien-être animal. Une nouvelle enquête Dedicated révèle qu’une large majorité rejette les reculs envisagés dans le Code wallon du bien-être animal. Pour GAIA, après plus de deux ans au pouvoir, le gouvernement accumule les promesses non tenues et remet en cause des protections acquises.

« En plus de deux ans, nous attendons toujours les avancées promises. En revanche, le gouvernement trouve le temps de remettre en question des protections acquises depuis des années. Le bilan est désastreux », dénonce Sébastien de Jonge, directeur des opérations.
Des engagements sans résultats
En juillet 2024, le MR et Les Engagés s’engageaient, dans leur Déclaration de politique régionale, à assurer la mise en œuvre du Code wallon du bien-être animal, à poursuivre l’adoption des listes positives, à renforcer les contrôles contre la maltraitance ou encore à soutenir les alternatives à l’expérimentation animale. Plus de deux ans après, GAIA dénonce l’absence totale d’avancées. Même les mesures annoncées en urgence en juillet 2025 par le ministre-président Adrien Dolimont (MR), après la mobilisation du secteur, tardent à se concrétiser.
L’exemple du gazage des poussins mâles est révélateur : annoncée en juillet 2025, son interdiction figurait à l’ordre du jour du gouvernement pour une deuxième lecture en décembre 2025. Près d’un an plus tard, le texte attend toujours sa troisième lecture.
Même immobilisme concernant l’interdiction de commercialiser la fourrure, les produits issus de la chasse commerciale aux kangourous ou les rodéos. Les refuges n’ont bénéficié d’aucune nouvelle aide financière du gouvernement. Plusieurs décisions de restitution d’animaux saisis pour maltraitance ont également suscité de vives controverses.
L’affaire de l’abattoir d’Ath illustre ces carences. Après les graves maltraitances révélées par GAIA, les autorités ont attendu trois jours avant un premier contrôle. Deux inspections ont confirmé des infractions, sans suspension des activités. Il aura fallu près de trois mois et l’intervention d’un juge d’instruction, à la suite de la plainte de GAIA, pour obtenir la suspension des abattages.
Des millions de poules sacrifiées pour sept exploitations
En 2018, sous l’impulsion de Carlo Di Antonio (Les Engagés), alors ministre du Bien-être animal, la Wallonie décidait d’interdire les cages pour les poules pondeuses dès 2028. Les éleveurs disposaient de dix ans pour s’adapter, et 97 % des exploitations l’ont fait. Le gouvernement envisage pourtant de reporter l’interdiction à 2036 pour les sept exploitations restantes. Près de 3,3 millions de poules pourraient ainsi être maintenues en cage durant ces huit années supplémentaires.
Dans son projet de réforme du Code du bien-être animal, adopté en deuxième lecture, le gouvernement envisage aussi d’introduire un statut de négociant en chiens et chats, au risque de rouvrir la porte aux filières d’importation problématiques et aux usines à chiots.
Le ministre Dolimont a également envisagé une dérogation à l’interdiction des delphinariums, autorisant la détention en captivité et la reproduction des dauphins, sous couvert de « centres de recherche ». Retirée après la mobilisation de GAIA et l’envoi de quelque 25 000 courriels en quelques heures, cette disposition pourrait revenir : le ministre a sollicité l’avis de la Commission des parcs zoologiques, où le secteur des zoos est largement représenté, plutôt que l’avis du Conseil wallon du bien-être des animaux.
Les Wallons rejettent massivement les reculs envisagés
Une enquête réalisée par Dedicated pour GAIA en septembre 2026 auprès de 1 000 Wallons révèle une opposition massive aux assouplissements proposés. Plus de six Wallons sur dix rejettent les mesures envisagées, concernant les cages, le commerce des chiots et chatons, les animaux sauvages, les mutilations ou le sort des animaux saisis pour maltraitance.
Seul un Wallon sur cinq a une opinion positive du projet de réforme, contre 39 % d’opinions négatives.
35 % des Wallons estiment que l’adoption du projet dégraderait l’image qu’ils ont du MR et des Engagés, soit davantage que la proportion de ceux dont l’image serait améliorée.
Parmi les opposants à son adoption en l’état, 83% souhaitent une révision profonde ou le rejet du projet au profit d’une nouvelle réforme.
Enfin, parmi les répondants estimant que le soutien à cette réforme nuirait à l’image de leur parti de prédilection, six sur dix indiquent qu’ils pourraient ne plus voter pour ce parti lors des prochaines élections régionales.
GAIA demande un changement de cap
GAIA réclame la concrétisation des engagements annoncés, le maintien de l’interdiction des cages en 2028, l’abandon des dispositions favorisant les usines à chiots et le respect de l’interdiction des delphinariums.
« Les animaux n’ont pas besoin de nouvelles promesses. Ils ont besoin que celles qui ont été faites soient tenues. Après plus de deux ans au pouvoir, le MR et Les Engagés doivent expliquer pourquoi tant de dossiers restent sans résultat et pourquoi des protections acquises sont remises en question au profit de quelques intérêts particuliers. Les Engagés doivent aussi expliquer ce qu’il reste de l’ambition qu’ils portaient en 2018 », conclut Sébastien de Jonge.
Sébastien de Jonge
À télécharger
GAIA – Enquête sur le bien-être animal en Wallonie – 2026.pdf
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