C'est ainsi que des millions de porcelets sont castrés chaque année en Belgique, sans anesthésie - Nouvelles images GAIA

Selon un sondage Ipsos, 3 Belges sur 4 sont pour une interdiction légale de la castration chirurgicale des porcelets.

Bruxelles, le 4 mai 2023 - Avec de nouvelles images, GAIA révèle à quel point la castration des porcelets est douloureuse. Chaque année, des millions de porcelets sont castrés, sans anesthésie. Cette pratique choquante doit cesser, GAIA demande son interdiction. Pour donner plus de force à cette demande, GAIA lance une pétition. Une nouvelle enquête d'Ipsos montre également que 3 Belges sur 4 sont en faveur d’une interdiction légale de la castration chirurgicale des porcelets. Après avoir expliqué les méthodes alternatives de castration, parce qu'elles existent, même 86% des Belges pensent qu'il devrait y avoir une interdiction légale.

GAIA demande d'urgence l'interdiction de la castration des porcelets. Il s'agit de l'intervention la plus horrible qui subsiste dans l'élevage à l’heure actuelle.

Comment fonctionne cette castration ? Ann De Greef, directrice de GAIA, explique : « Le porcelet est immobilisé, puis l'éleveur de porcs pratique une, deux ou plusieurs incisions dans la peau du scrotum du porcelet, qui est pleinement conscient, afin d'exposer les testicules. Il tire ensuite fermement sur les testicules afin qu'elles sortent de sous la peau ainsi que sur le cordon spermatique, qui se trouve plus profondément dans le corps, derrière les testicules. L'éleveur tire donc sur les cordons spermatiques et les coupe. Ceux-ci sont donc coupés et les testicules retirés. Il est choquant et répugnant de constater que cela peut encore se faire de cette manière aujourd'hui ».

En Belgique, 5 à 6 millions de porcs mâles sont élevés chaque année.

80 % des porcelets mâles belges sont castrés (4 à 4,8 millions de porcelets par an).

 

Pourquoi castrer les porcelets ?

Le porcelet est castré à l'âge de trois à sept jours pour éviter qu'il ne développe les hormones sexuelles testostérone et androsténone. Le développement de ces hormones conduit certains consommateurs à percevoir une modification de l'odeur de 3 à 5 % de la viande de porc et à la percevoir comme négative. Cette odeur, qui ne se dégage donc qu'occasionnellement, lors de la cuisson de la viande de ces mâles entiers, est appelée "odeur de verrat".

Anesthésie lors de la castration ?

97 à 100% des porcelets belges castrés le sont sans être anesthésiés. Cela concerne 3,9 à 4,8 millions de porcelets mâles.

Cela signifie qu’en Belgique, sur l'ensemble des porcelets castrés chaque année, seuls 0 à 144 000 d'entre eux sont castrés avec l'administration de procaïne, un médicament anesthésique. Ce médicament est injecté dans les deux testicules du porcelet et réduit la douleur ressentie par le porcelet lors de l'incision.

Ann De Greef : « Cela ne réduit pas suffisamment la douleur aiguë et sévère ressentie par les porcelets lors de la procédure de castration. De plus, les conditions dans lesquelles ce médicament est administré dans les élevages intensifs de porcs laissent à désirer. Il n'est pas facile d'injecter l'anesthésique à un porcelet en mouvement et les délais d'attente ne sont pas respectés. L'incision est souvent pratiquée trop tôt ou trop tard après l'administration du médicament, celui-ci n’a donc pas du tout l’effet escompté».

 

 

L’analgésie après la castration ?

L'analgésique meloxicam est administré à 85 % des porcelets belges castrés (estimés à 3,4 à 4 millions de porcelets par an), comme le prescrit BePork, le label de qualité belge pour la viande de porc. Ann De Greef : « Son action est similaire à celle de l’antidouleur Ibuprofen. Il n'y a donc pas d'effet anesthésiant pendant la castration. Seule la douleur consécutive à la castration du porcelet est traitée, dans une certaine mesure ».

Bien que les analgésiques et les anesthésiques / sédatifs aient individuellement une fonction dans la réduction de la douleur ou l'interruption de la conscience pendant et après la castration du porcelet, l'administration d'un de ces médicaments, ou même d'une combinaison d'un analgésique et d'un anesthésique (par exemple, méloxicam + anesthésique local à la procaïne) est insuffisante pour prévenir les souffrances sévères chez le porcelet mâle.

Comme les chiens et les chats ?

Seul la mise en œuvre d’un protocole similaire à la castration des chiens et chats, avec anesthésie des porcelets et gestion de la douleur pendant et après la castration, rendra cette procédure supportable.

Cela nécessite donc les étapes suivantes : (1) sédation du porcelet ; (2) interruption de la conscience du porcelet avec un anesthésique ; (3) intubation du porcelet avec du gaz ; (4) administration préopératoire d'un analgésique et d'un anesthésique local ; et (5) soins postopératoires du porcelet.

Seul un vétérinaire formé à cet effet possède les compétences nécessaires pour (a) réaliser correctement ces cinq étapes et s'assurer que la douleur ressentie par le porcelet, pendant et après la castration, est réduite autant que possible, éliminée et au moins réduite au minimum, et (b) adapter l'administration de médicaments analgésiques et anesthésiques à la réaction individuelle du porcelet, pendant et après la procédure de castration.

« Si les porcelets doivent être traités selon les règles de l'art en matière de gestion de la douleur lors de leur castration, c'est-à-dire de la même manière que les chats et les chiens, avec les mêmes soins par un vétérinaire, cela demande du temps et des coûts que l'éleveur de porcs ne peut ou ne veut pas supporter », explique Ann De Greef.

Interdiction légale

Dans ces conditions, la prévention des douleurs (aiguës) lors de la castration et de la douleur post-castration, exigences minimales du point de vue du bien-être animal, ne peut être assurée. Une "petite" anesthésie n'est pas une solution efficace pour remédier à la douleur sévère de castration et à la douleur post-castration. De plus, l'éleveur de porcs ne dispose ni du temps, ni des ressources financières, ni de l'expertise nécessaires pour castrer les porcelets avec le même soin que pour la castration d’un chat ou d’un chien - castré par un vétérinaire.

Les images filmées dans un élevage de porcs en Flandre sur la façon dont la castration douloureuse des porcelets âgés d’une semaine à peine est pratiquée, sont particulièrement révoltantes. « Cette castration dite chirurgicale et très douloureuse est inacceptable, d’autant plus qu’il s’agit d’une intervention inutile étant donné que des alternatives (vaccination, laisser les porcs intacts) permettant de l’éviter existent », explique Ann De Greef, la directrice de GAIA. « Bien que toujours légale cette mutilation qu’est la castration dite chirurgicale fait subir à la plupart des porcelets élevés en Belgique des douleurs et souffrances pourtant parfaitement évitables. Voilà pourquoi nous revendiquons l’interdiction. L’administration d’un analgésique n’est pas une solution car tout au mieux cela adoucira un peu la douleur éprouvée après l’intervention mais n’enlèvera ​ pas toute douleur ou souffrance. Les porcelets continueront donc à en souffrir. »

« Seule une interdiction légale de la castration des porcelets éliminera les souffrances très graves et inacceptables subies par les porcelets pendant et après la castration. Le vaccin contre l’odeur de verrat (15 % des porcs mâles belges sont vaccinés) et l'élevage de mâles entiers (8 % des porcs mâles belges sont élevés avec des verrats intacts) sont deux bonnes solutions et donc des alternatives concrètes à la castration que les éleveurs de porcs peuvent appliquer pour contrôler le risque de l’odeur de verrat. Cette interdiction légale de la castration des porcelets est donc ce que nous demandons », conclut Ann De Greef – directrice de GAIA.

Contact

Ann De Greef, directrice de GAIA : 0477 53 42 02

Pièces jointes

 

Enquête_Ipsos_GAIA_Castration_Porcelets_FR.pdf

PDF - 817 Kb

 

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