Code du bien-être animal : le MR refuse le débat et sacrifie une nouvelle fois le bien-être animal
GAIA dénonce l’attitude d’un parti qui prétend défendre le Code tout en empêchant depuis des mois le Parlement d’en débattre

Bruxelles, le 7 octobre 2026 – Le MR a une nouvelle fois choisi le blocage. Ce mercredi, en Commission de l’Environnement du Parlement bruxellois, le parti libéral s’est opposé à la mise à l’agenda du Code bruxellois du bien-être animal, empêchant à nouveau l’ouverture du débat parlementaire.
Cette obstruction est d’autant plus difficile à accepter que le MR préside lui-même la Commission dans laquelle le Code est bloqué depuis des mois. Et alors que Les Engagés, également membres de la majorité bruxelloise, ont cette fois soutenu vivement la mise à l’agenda, le MR a préféré refuser tout vote pour la mise à l’agenda du texte.
Pour GAIA, la contradiction est devenue flagrante : le MR affirme depuis des années vouloir doter Bruxelles d’un Code du bien-être animal et en a lui-même déposé une proposition en 2024.
« Le double discours doit cesser. Le MR préside la Commission, dit vouloir un Code, en a lui-même déposé un et pourtant, depuis des mois, il empêche le débat. Aujourd’hui, le principal obstacle entre les engagements du MR en faveur du bien-être animal et leur concrétisation, c’est le MR lui-même », dénonce Sébastien de Jonge, directeur des opérations de GAIA.
Un blocage qui n’a que trop duré
Le 22 avril dernier, la Commission avait déjà refusé de mettre le Code à son ordre du jour. À l’époque, le MR et Les Engagés, soutenus par le PS et le PTB, avaient empêché l’ouverture du débat. Depuis, les lignes ont pourtant bougé. Les Engagés soutiennent désormais la mise à l’agenda, ainsi que Groen.
Dans l’opposition, le Code et sa mise à l’agenda sont également défendus de manière constante, notamment par DéFI, avec Jonathan de Patoul, ainsi que par la N-VA, avec Mathias Vanden Borre. Malgré ces soutiens répétés, le débat reste bloqué.
Entre-temps, la mobilisation citoyenne s’est également invitée au Parlement. Une pétition officielle demandant précisément la mise à l’agenda du Code a franchi le seuil de signatures requis. Face à cette mobilisation, le MR a seulement promis que le pétitionnaire serait auditionné en Commission. Mais aucune date n’a été fixée pour cette audition. Et encore moins pour la mise à l’agenda du Code qui devrait suivre...
Les majorités alternatives seraient-elles à géométrie variable ?
Sur le dossier des visites domiciliaires, le Parlement bruxellois vient précisément de démontrer qu’une majorité alternative était possible. Le PS et Groen, pourtant membres de la majorité régionale, ont voté avec plusieurs partis de l’opposition, malgré l’opposition du MR et des Engagés.
« Le précédent des visites domiciliaires fait tomber les excuses. Quand le PS considère qu’un dossier le justifie, il constitue une majorité alternative et le Parlement vote. Aujourd’hui, le MR pourrait permettre exactement la même chose sur un sujet qu’il affirme lui-même soutenir. Il choisit au contraire de faire bloc avec le PS et le PTB pour empêcher le débat. À un moment, les actes doivent rejoindre les discours. »
Des députés MR face à leurs responsabilités
GAIA interpelle également les députés MR qui participent à ce blocage, en particulier ceux qui revendiquent par ailleurs leur engagement en faveur de la protection animale.
C’est notamment le cas de Gaëtan Van Goidsenhoven, député MR et par ailleurs président de Veeweyde, l’une des principales associations de protection animale du pays.
« Comment expliquer qu’on puisse présider une association de protection animale et, au Parlement, contribuer à empêcher jusqu’au débat sur un Code destiné à mieux protéger les animaux ? Personne ne demande à M. Van Goidsenhoven de tout approuver. Mais refuser même que le Parlement examine les textes est difficilement conciliable avec un engagement affiché en faveur du bien-être animal. »
Même la mobilisation citoyenne ne suffit pas
En septembre, GAIA a écrit aux Bruxellois pour les inviter à soutenir la pétition officielle réclamant l’examen du Code. Le seuil de signatures requis a été atteint. Malgré cette mobilisation, malgré plusieurs propositions de Code déposées, malgré l’évolution de la position des Engagés et malgré le soutien de plusieurs partis à l’ouverture du débat, le Code reste bloqué.
Pendant ce temps, Bruxelles demeure la seule Région du pays à ne pas disposer d’un véritable Code du bien-être animal. Plusieurs avancées attendues restent suspendues à ces calculs politiques.
Sébastien de Jonge