Demain, Journée mondiale des animaux : GAIA veut inscrire la protection du bien-être et le respect de la dignité des animaux dans la Constitution

Demain, Journée mondiale des animaux : GAIA veut inscrire la protection du bien-être et le respect de la dignité des animaux dans la Constitution

L'organisation de défense des animaux démarre aujourd'hui une pétition – www.animauxdanslaconstitution.be –, pour recueillir le soutien d'un maximum de citoyens et susciter un débat parlementaire

Lundi 3 octobre 2016 — Bruxelles, le 3 octobre 2016 - A la veille de la Journée mondiale des animaux le 4 octobre, GAIA lance l'idée d'inscrire le respect de la dignité et du bien-être des animaux dans la Constitution belge, en tant que devoir fondamental de l’Etat. « L'Allemagne (en 2002) et le Luxembourg (en 2007) ont déjà montré l'exemple en adoptant une telle mesure », argumente Michel Vandenbosch, le président de GAIA.

GAIA entend consulter des experts constitutionnalistes et leur présenter l'idée. D'ici-là, l'organisation de défense des animaux propose déjà une formulation de disposition, qu'elle aimerait voir ajoutée à la Constitution :

L'Etat promeut la protection, le bien-être et la dignité des animaux en tant qu’êtres vivants doués de sensibilité.

« Notre volonté de faire du bien-être animal une matière constitutionnelle s'appuie sur des considérations éthiques largement ancrées dans la société, mais aussi sur les connaissances scientifiques actuelles sur la nature et les besoins des animaux en tant qu'êtres vivants doués de sensibilité », explique Michel Vandenbosch.

Le bien-être animal est devenu un sujet politique et sociétal qui prend une importance croissante ; surtout depuis 2014, lorsque cette matière est devenue une compétence régionale à part entière, gérée par un ministre en Wallonie, un autre en Flandre, et une Secrétaire d'Etat en Région bruxelloise. Pour GAIA, il est temps de donner à cette thématique le statut qu'elle mérite. Les animaux représentent une catégorie d'êtres vivants particulièrement vulnérables, ce qui mérite une réelle prise en considération. La prise en compte des animaux doit devenir un principe constitutionnel de base de notre Etat, de ses institutions et de ses citoyens. Cette évolution serait bénéfique aux animaux eux-mêmes, et elle irait également dans le sens de l'intérêt général. Dans ce contexte, Michel Vandenbosch rappelle cette phrase de Gandhi, souvent citée mais toujours très actuelle : « On reconnaît le degré de civilisation d'un pays à la manière dont il traite les animaux. »

Plus concrètement, GAIA plaide pour l'inscription dans la Constitution de ce qu'on appelle les cinq Libertés des animaux. Depuis un demi siècle, ces libertés sont reconnues dans les cercles de scientifiques spécialisés dans le bien-être animal comme les critères de base pour pouvoir parler de conditions minimales de bien-être et de qualité de vie des animaux qui vivent sous la tutelle de l'homme :

1. ne pas subir la soif, la faim et la malnutrition ; 2. ne pas subir de désagréments physiques et physiologiques, et bénéficier de logements et d'abris adéquats ; 3. ne pas subir de maladies et de blessures ; 4. ne pas subir de douleur et de souffrance (absence de maltraitance corporelle et mentale) ; et 5. être libres d'exprimer suffisamment un comportement normal et naturel.

GAIA se rend compte du fait qu'une révision de la Constitution allant dans le sens d'une obligation de soin basée sur l'éthique et la science ne sera pas atteinte du jour au lendemain – elle implique notamment une majorité parlementaire des deux tiers. « Mais il faut commencer quelque part », souligne Michel Vandenbosch. « Nous démarrons aujourd'hui une pétition (www.animauxdanslaconstitution.be) pour recueillir le soutien d'un maximum de citoyens et en vue de susciter un débat parlementaire. Outre les spécialistes constitutionnels, nous souhaitons impliquer d'autres politiciens et députés qui seraient intéressés dans la proposition, et susciter ainsi la réflexion.

« Un renforcement de l’intérêt que l’Etat se doit de porter au traitement des animaux et au sort souvent peu enviable qui leur est réservé s’impose, souligne le président de GAIA. « Invoquer la Constitution pour rendre notre pays plus respectueux des animaux a tout autant de sens que pour des motifs de réforme de l'Etat, de la liberté de culte ou d'autres sujets similaires », ajoute-t-il. « D'ailleurs », conclut Michel Vandenbosch, « si l'Allemagne et le Luxembourg l'ont déjà fait, je ne vois vraiment pas pourquoi ça serait impossible en Belgique ? »

– Fin du communiqué –