Expérimentation animale : des images exclusives révèlent l’horreur des essais de toxicité

7 Belges sur 10 veulent une interdiction progressive de l’expérimentation animale

Bruxelles, 20 avril 2026 — À l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, célébrée le 24 avril, GAIA rend publiques des images tournées dans un laboratoire britannique travaillant pour des clients basés dans l’Union européenne. Dévoilées en partenariat avec l’organisation Animals International, ces images, issues d’une enquête menée pendant plusieurs mois, montrent des animaux soumis à des procédures de tests de toxicité impliquant immobilisation, exposition à des substances toxiques, gavage forcé et, à l’issue des protocoles, leur mise à mort. Elles révèlent de manière concrète l’intensité de la souffrance infligée : peur, stress extrême, douleurs physiques, détresse respiratoire, épuisement et, dans certains cas, une agonie si sévère que les animaux meurent pendant les tests ou doivent être abattus en raison de la gravité de leur état.

Derrière les termes techniques tels que « essais d’innocuité » ou « évaluations de sécurité », ces images mettent en lumière des pratiques impliquant des animaux confinés, manipulés de manière répétée et soumis à des protocoles extrêmement éprouvants. Les conséquences peuvent être dramatiques : perte de poids, tremblements, perte de mobilité de certains membres, absence de coordination, convulsions, effondrement physique, voire mort. Ces tests sont utilisés notamment dans le développement de médicaments, mais aussi pour certaines substances chimiques industrielles, despesticides ou des additifs alimentaires.

Les images montrent des rats, des lapins, des chiens, des cochons et des primates non humains utilisés dans des essais visant à évaluer les effets potentiellement nocifs de différentes substances. Injections, inhalation, administration par sonde ou exposition cutanée : ces procédures ont pour objectif de déterminer à partir de quelle dose une substance provoque des effets indésirables, une pathologie, voire la mort. Dans certains cas, les doses administrées sont jusqu’à 100 fois supérieures à celles auxquelles les humains pourraient être exposés.

« Ce que montrent ces images est extrêmement difficile à regarder. On y voit des animaux qui subissent des procédures cruelles dans une réalité largement invisible pour le public. Cette souffrance n’est plus acceptable aujourd’hui. On ne peut plus détourner le regard. Il est urgent d’accélérer la transition vers des méthodes sans animaux. » - Sébastien de Jonge, Directeur des opérations, GAIA

Des pratiques éprouvantes, aux limites scientifiques croissantes

Ces images s’inscrivent dans un contexte où certains travailleurs du secteur expriment des préoccupations éthiques et contribuent à rendre ces réalités visibles. La littérature scientifique montre que le personnel est lui aussi affecté, avec des cas de détresse morale, de stress post-traumatique et de « fatigue de compassion ». Un nombre croissant de scientifiques souligne les limites des tests sur animaux, notamment en raison des difficultés d’extrapolation aux humains. Des méthodes alternatives, comme les organes sur puce, les cultures de tissus humains ou l’intelligence artificielle, offrent des perspectives plus fiables et éthiques.

Une réalité qui concerne aussi la Belgique

La Belgique n’est pas épargnée. Rien que pour les essais de toxicité et d’innocuité, près de 3 700 animaux ont été utilisés en 2024, dont 566 en Wallonie, 92 en Région de Bruxelles-Capitale et 3 020 en Flandre. Ces tests, parmi les plus éprouvants, illustrent une réalité souvent méconnue mais particulièrement préoccupante.

Plus largement, les données disponibles pour 2024 montrent que plus de 375 000 expérimentations animales ont été réalisées en Belgique, dont 112 754 en Wallonie, 52 714 à Bruxelles et 211 386 en Flandre. Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la réalité, puisqu’ils n’incluent pas l’ensemble des animaux utilisés pour la reproduction ou morts en dehors des protocoles expérimentaux.

7 Belges sur 10 veulent une interdiction progressive

Une enquête d’opinion menée par Dedicated à la demande de GAIA (entre le 2 et 12 février 2026) révèle un décalage majeur entre les pratiques actuelles et les attentes des citoyens. Trois quarts des Belges jugent l’expérimentation animale inacceptable ou n’expriment pas d’avis, tandis que 63 % estiment qu’elle devrait être interdite. 71 % des Belges soutiennent l’idée que les gouvernements devraient prendre des mesures pour interdire progressivement ces pratiques.

Un consensus très fort se dégage également sur les mesures à prendre. Une écrasante majorité soutient le renforcement des contrôles et des sanctions (93 %), l’interdiction des pratiques les plus douloureuses (92 %), la réduction progressive de l’expérimentation animale (85 %) et un financement accru des alternatives (83 %).

Par ailleurs, 79 % des Belges se déclarent favorables à une interdiction prioritaire des tests sur les chiens, les chats, les primates et les équidés.

GAIA lance une campagne nationale d’envergure

Face à ces constats, GAIA lance, à l’occasion de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, une nouvelle campagne de grande ampleur en Belgique. Cette campagne, diffusée à la télévision, dans les cinémas et sur les réseaux sociaux, vise à sensibiliser massivement le grand public à la problématique de l’expérimentation animale, à renforcer la pression sur les décideurs politiques et à accélérer la transition vers des méthodes sans animaux.

La Belgique et l’Europe doivent franchir une nouvelle étape

En 2023, 9,1 millions d’animaux ont été utilisés en Europe dans le cadre de l’expérimentation animale. La Commission européenne a annoncé une feuille de route visant à réduire progressivement ces pratiques. Pour GAIA, cette ambition doit désormais se traduire rapidement par un calendrier clair, des objectifs mesurables, des adaptations législatives concrètes et des financements suffisants pour les alternatives.

En Belgique, l’expérimentation animale reste une pratique structurelle et largement répandue, et, à ce jour, aucune des régions ne dispose d’une stratégie globale et structurée visant à réduire significativement le recours à ces pratiques.

GAIA appelle les trois ministres du Bien-être animal à faire de cette transition une priorité politique immédiate et à élaborer sans délai une stratégie cohérente de sortie de l’expérimentation animale.


Liens :

Enquête Dedicated 2026 – Belgique

Enquête Dedicated 2026 – Wallonie

Enquête Dedicated 2026 – Bruxelles

Site de campagne :

toxicity.inc/be

Vidéos à télécharger :


Sébastien de Jonge

Directeur des opérations, GAIA
Des rats pleinement conscients sont comprimés dans d'étroits tubes de contention à l'intérieur d'une "tour d'inhalation", conçue et fabriquée expressément pour les tests de toxicité.
Les plaies ouvertes sont extrêmement douloureuses, et les cochons se débattent et crient lorsque les substances testées sont injectées sur leur chair exposée.
Le "gavage oral" est l'une des pratiques les plus courantes et les plus éprouvantes auxquelles les beagles sont soumis. Les chiens sont immobilisés tandis qu'un long tube en plastique est introduit de force dans leur gorge, à travers l'œsophage, jusqu'à l'estomac, afin d'administrer les substances testées directement dans leur organisme.
Lors des tests de toxicité par inhalation, les primates sont maintenus par le cou dans des "chaises pour primates" verticales. Des masques étanches sont placés sur leur visage, les forçant à respirer les produits chimiques testés.
Pour les primates, être immobilisés pour des procédures telles que la prise de sang à des fins de collecte de données provoque une détresse immense.
La substance testée est injectée dans les veines de leurs oreilles.
Des lapines gestantes sont entièrement immobilisées dans des conteneurs en plastique lors des tests de perfusion.
Lors d'un procédé appelé "toxicité par perfusion continue", un cathéter est implanté chirurgicalement dans les veines des chiens. Ils sont ensuite contraints de porter des vestes et des poches encombrantes contenant la substance testée, qui est injectée directement dans leur circulation sanguine.
Lors du gavage oral, les rats sont immobilisés pendant qu'un tube est introduit dans leur gorge jusqu'à l'estomac pour administrer les substances testées — une procédure invasive qui peut provoquer des nausées, des réactions de peur, des lésions de l'œsophage ou une aspiration dans les poumons.

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À propos de GAIA

L’organisation de défense des animaux GAIA unit les personnes engagées pour une reconnaissance du droits des animaux en Belgique, et milite pour leur bien-être. Fondée en 1992, GAIA compte plus de 80.000 membres et sympathisants. GAIA dénonce la cruauté et la maltraitance organisées envers les animaux au moyen d’enquêtes et de campagnes actives et pacifiques.

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