Les sites temporaires d'abattage illégaux toujours autorisés à Bruxelles pour la Fête du Sacrifice, malgré la loi européenne

Les sites temporaires d'abattage illégaux toujours autorisés à Bruxelles pour la Fête du Sacrifice, malgré la loi européenne

GAIA indigné : « Des actions en justice sont prévues »

Mardi 5 mai 2015 — L'organisation de défense des animaux GAIA se dit stupéfaite de la décision de la Secrétaire d'État bruxelloise au Bien-être animal, Bianca Debaets (CD&V), qui prévoit encore cette année l'installation de sites d'abattage temporaires, sur lesquels des moutons seront égorgés sans étourdissement et dans l'illégalité. « La Secrétaire d'État enfreint sciemment la loi », résume Michel Vandenbosch.

Le Règlement européen du 27 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort n'autorise l'abattage rituel d'animaux sans étourdissement qu'à condition qu'il ait lieu dans un abattoir agréé, répondant à des normes strictes (d'hygiène, de sécurité alimentaire, et d'infrastructure). Michel Vandenbosch, le président de GAIA, réagit : « Le Règlement européen est clair et sans équivoque. En droit européen, un Règlement est en outre le type de norme le plus contraignant, un État membre de l'UE doit obligatoirement l'appliquer dans sa totalité. En autorisant l'abattage de moutons sans étourdissement sur des sites temporaires qui ne sont pas des abattoirs agrées, la Secrétaire d'État piétine tout simplement la loi. Si Madame Debaets refuse de revoir sa décision, nous devrons alors entamer des démarches juridiques afin de faire respecter la loi. »

Emplâtre sur une jambe de bois

Selon des sondages d'opinion récents, une très grande majorité des Bruxellois est en faveur d'une interdiction de l'abattage sans étourdissement. Fin septembre 2014, près de 10.000 manifestants défilaient dans les rues de Bruxelles pour réclamer cette mesure. « En autorisant à nouveau ces sites où l'on abattra des moutons sans étourdissement, Madame Debaets se moque de toutes ces personnes », conclut Michel Vandenbosch.

Selon la Secrétaire d'État, les sacrificateurs travaillant sur les sites temporaires recevront une formation obligatoire « visant à limiter le stress et la souffrance des animaux », dispensée par un vétérinaire de l'abattoir d'Anderlecht et en concertation avec les communes bruxelloises et l'Exécutif des musulmans. GAIA regrette de ne pas avoir été consulté à ce propos, et craint que la formation ne sera qu'un emplâtre sur jambe de bois.