GAIA note les Ministres du Bien-être animal dans un bilan de mi-parcours

GAIA note les Ministres du Bien-être animal dans un bilan de mi-parcours

Mardi 31 janvier 2017 — Les trois Ministres du Bien-être animal en Belgique ont-ils réussi leur examen partiel ? C'est ce qu'a voulu savoir l'organisation de défense des animaux GAIA, qui vient d'attribuer une note aux Ministres régionaux sur la base d'une évaluation de leur travail en matière de bien-être des animaux. Le mois de janvier 2017 marque en effet la moitié du mandat des Ministres, qui ont été désignés en juillet 2014 et qui resteront en fonction jusqu'aux élections de 2019. « Pour GAIA, c'était l'occasion de faire le point sur les bonnes actions déjà réalisées par les trois Ministres, et surtout sur les objectifs qu'ils devront encore réaliser pour assurer une meilleure protection aux animaux », explique Michel Vandenbosch, le président de l'association.

Sans plus attendre, voici la note donnée par GAIA aux trois Ministres :

  • Wallonie, Carlo Di Antonio (cdH) : 14/20
  • Bruxelles, Bianca Debaets (CD&V) : 11/20
  • Flandre, Ben Weyts (N-VA) : 12/20

C'est en conclusion d'un dossier étayé que l'organisation de défense des animaux a attribué sa note à chaque Ministre. Disponibles ci-dessous et sur le site internet de GAIA, ces dossiers détaillent, sur plus de 10 pages chacun, toutes les actions, déclarations et intentions des Ministres au cours de ces deux dernières années et demi passées dans le cadre de leur compétence du Bien-être animal.

C'est donc Carlo Di Antonio, le tout premier Ministre wallon du Bien-être animal, qui reçoit la meilleure note. « C'est une note méritée », estime Michel Vandenbosch, le président de GAIA. « Parmi d'autres mesures importantes, le Ministre wallon a pris l'initiative d'interdire l'élevage d'animaux à fourrure, ce qui a coupé l'herbe sous le pied de plusieurs projets concrets de nouveaux élevages de visons, mais aussi de rendre obligatoire la stérilisation des chats à partir de mars 2017. » Ces décisions sont venues satisfaire certaines demandes prioritaires de GAIA – soutenues par plus de 80 % des Wallons. D'autres mesures sont en préparation, par exemple pour contrer l'élevage intensif de chiens, et devraient être intégrées dans le futur Code wallon du Bien-être animal, que le Ministre entend publier en 2018. Il a par ailleurs annoncé qu'une interdiction de l'abattage sans étourdissement sera également reprise dans cette refonte de la législation sur le Bien-être animal.

Tout est donc parfait en Wallonie, selon GAIA ? « Pas vraiment », nuance Michel Vandenbosch. « Carlo Di Antonio a encore du pain sur la planche. J'espère que le Code wallon intégrera aussi des mesures pour mettre fin au gavage des palmipèdes pour la production de foie gras, ou à la castration chirurgicale des porcelets, ainsi qu'une stratégie concrète pour une réelle réduction du nombre d'animaux en laboratoires. » 

Néanmoins, GAIA se réjouit de la dynamique qui s'est réellement établie en faveur du Bien-être animal depuis l'entrée en fonction de Carlo Di Antonio. Cette dynamique s'observe notamment dans les mesures en place contre les cas de maltraitance animale ou encore dans les campagnes de sensibilisation contre la fourrure ou pour une adoption  responsable d'animaux qui ont émanées du Ministère wallon du Bien-être animal.

Avec la note de 11/20, c'est Bianca Debaets, la Secrétaire d'Etat au Bien-être animal, qui arrive à la troisième place au terme du bilan de GAIA. GAIA remarque une bonne volonté de la part de la Secrétaire d'Etat, mais constate l'absence de vraie politique ambitieuse concernant la commercialisation d'animaux ou l'expérimentation animale, et quelques faux pas lors de cette première moitié de mandat, surtout concernant la problématique de l'abattage sans étourdissement, comme l'organisation de l'abattage sans étourdissement de moutons sur des sites temporaires lors de la fête du sacrifice, malgré l'interdiction européenne. La Secrétaire d'Etat a toutefois indiqué que le Gouvernement bruxellois ne reconduirait plus l'expérience en 2017. Notons que pas moins de 83 % des Bruxellois sont en faveur de l'interdiction de l'abattage sans étourdissement.

D'une manière générale, la Secrétaire d'Etat semble attendre des avis du Conseil du Bien-être animal, qui s'est récemment formé, avant de prendre des décisions qui pourtant s'imposent, comme la stérilisation obligatoire des chats domestiques (comme le demandent 79 % des Bruxellois).

GAIA relève tout de même l'interdiction de l'élevage d'animaux à fourrure, une mesure bien plus que symbolique. Notons également les mesures imposées à la VUB suite à l'enquête en caméra cachée réalisée par GAIA : interdiction de nouveaux projets d'expérience pendant trois mois, plan d'action visant à éviter de tels manquements et négligences, etc. Autre mesure positive : l'attribution d'un budget à la VUB pour à terme mettre fin à certains tests sur animaux. GAIA salue mais attend des mesures structurelles.

En Flandre, le Ministre Ben Weyts reçoit la note moyenne de 12/20. GAIA estime donc qu'il lui reste du travail lors de cette année charnière avant les élections de 2018 et 2019. « Nous pensons surtout à une interdiction de l'abattage sans étourdissement et de l'élevage d'animaux à fourrure, ainsi que la stérilisation obligatoire des chats ou l'interdiction de la castration chirurgicale des porcelets, qui est d'ailleurs prévue dans l'accord de majorité gouvernementale pour 2018 », précise Michel Vandenbosch.

---Fin du communiqué---

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