GAIA remporte une victoire majeure : le Conseil d’État enterre le projet de la plus grande pisciculture de saumons d’Europe

Bruxelles, le 9 avril 2026 – Le Conseil d’État a rejeté, le 2 avril 2026, le recours en cassation introduit par l’entreprise à capitaux internationaux Columbi Salmon. Cette décision met un terme définitif à la procédure et confirme l’annulation du permis pour la construction d’une méga-pisciculture à Ostende, qui aurait vu près de trois millions de saumons élevés chaque année dans des conditions inadmissibles.
Après six années de combat mené par GAIA, le projet est désormais définitivement abandonné. Le permis est annulé de manière irrévocable et ne peut plus être délivré dans ce cadre.
Trois millions de saumons épargnés chaque année
Le projet prévoyait l’élevage de près de trois millions de saumons atlantiques par an, ce qui en aurait fait la plus grande pisciculture de ce type en Europe. Ces poissons auraient été confinés dans des bassins surpeuplés, à des densités extrêmement élevées - jusqu’à 36 saumons par mètre cube -, dans des conditions incompatibles avec leurs besoins fondamentaux.
« C’est une victoire majeure, à la fois pour les animaux et pour l’État de droit. Ce projet industriel démesuré est définitivement enterré », déclare Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez GAIA.
Une décision qui fait jurisprudence
Par son arrêt, le Conseil d’État confirme des principes essentiels. Il reconnaît explicitement la légitimité de GAIA à agir en justice dans des dossiers ayant un impact sur le bien-être animal. Il confirme également que les considérations liées aux animaux, y compris les poissons, peuvent être prises en compte dans les procédures environnementales.
L’arrêt rappelle en outre qu’un projet de pisciculture industrielle en bassins terrestres ne peut être considéré comme une activité portuaire liée à la mer et n’est donc pas compatible avec l’affectation du port d’Ostende, un argument déjà retenu par les juridictions précédentes.
Une réalité : la souffrance massive des poissons
Derrière ce projet se cache une réalité souvent ignorée. Dans les élevages industriels, les poissons sont maintenus à des densités extrêmes pouvant atteindre plusieurs dizaines d’individus par mètre cube. Les saumons, espèces migratrices capables de parcourir des milliers de kilomètres à l’état sauvage, y sont privés de tout comportement naturel.
Ces conditions entraînent un stress chronique, des maladies, des parasites et des blessures. Les connaissances scientifiques sont aujourd’hui claires : les poissons sont des êtres sensibles, capables de ressentir la douleur.
Un combat de longue haleine
Cette victoire est l’aboutissement d’un combat engagé par l’association en 2020, dès l’annonce du projet. Lorsque la ministre flamande de l’Environnement Zuhal Demir (N-VA) a délivré, en 2023, le permis pour ce projet controversé, GAIA avait immédiatement introduit un recours, dénonçant à la fois son incompatibilité avec les règles d’aménagement du territoire et ses conséquences graves pour le bien-être animal.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large. La même année, un projet similaire de ferme à saumons à Baelen, en Wallonie, avait déjà été refusé par la ministre wallonne du Bien-être animal de l'époque, Céline Tellier (Ecolo), à la suite d’une mobilisation de GAIA.
« Cet arrêt du Conseil d’État marque une étape importante pour le bien-être animal. Il confirme le rôle essentiel des associations comme GAIA dans la défense des animaux. C’est un signal sans ambiguïté : les projets industriels qui bafouent les exigences éthiques et le bien-être animal devront affronter une opposition ferme, déterminée et efficace » - Michel Vandenbosch, Président de GAIA.
Arrêt du Conseil d'État
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Sébastien de Jonge