GAIA révèle des images accablantes de gavage en Wallonie et dénonce le soutien politique à une pratique cruelle

Bruxelles, le 15 avril 2026 — GAIA dévoile aujourd’hui de nouvelles images tournées en mars 2026 dans un élevage de canards en Wallonie, mettant en lumière la réalité cruelle du gavage forcé pour la production de foie gras. Chaque année, près de 25.000 canards sont encore gavés de force dans les sept exploitations que compte la Wallonie.
Les images, tournées dans une exploitation qui se présente pourtant comme « respectueuse de l’animal » (Ferme de la Sauvenière, Florennes), révèlent des conditions de détention cruelles. Près de 400 canards y sont maintenus dans des cages exiguës, sur des caillebotis, dans un hangar sans accès à l’extérieur et la plupart du temps dans l’obscurité. Des cadavres gisent à même le sol aux côtés d’animaux vivants, dont certains sont blessés. Lors du gavage forcé, les animaux sont brutalement manipulés.
En 2021 déjà, GAIA avait divulgué des images accablantes tournées notamment dans cette même exploitation. À la suite de cette divulgation, aucune mesure n’avait été prise pour mettre fin aux pratiques dénoncées : les autorités s’étaient limitées à un contrôle a posteriori, ce qui démontre une nouvelle fois l’inefficacité du système.
Une formation au gavage qui interpelle, soutenue par le Ministre du Bien-être animal
Plus préoccupant encore, la Wallonie ne se contente pas de maintenir cette production : elle contribue activement à son développement. GAIA dénonce l’organisation d’une formation officielle destinée à former des gaveurs et à renforcer la filière foie gras, avec le soutien du Ministre du Bien-être animal Adrien Dolimont (MR). Dans son communiqué intitulé Stratégie en faveur du bien-être animal, publié en juillet 2025, le ministre annonçait :
« Enfin, afin de soutenir le secteur wallon du foie gras, qui répond à une forte demande locale tout en contribuant au dynamisme rural, une nouvelle formation encadrée par la SOCOPRO sera organisée au premier trimestre 2026. Elle permettra aux éleveurs de pratiquer l’alimentation assistée dans le respect de la législation belge et du bien-être animal, en garantissant des pratiques conformes à l’anatomie et à la physiologie des animaux et ce, dans une logique d’amélioration continue. »
Cette formation, organisée début avril par le Collège des Producteurs et agréée par la Région wallonne, s’est tenue dans l’exploitation même où ont été tournées les images révélées par GAIA. Les propos qui y sont tenus témoignent de la banalisation de la souffrance animale inhérente au gavage. Certains intervenants vont jusqu’à conseiller les participants sur la manière de minimiser, vis-à-vis des consommateurs, l’impact de cette pratique sur le bien-être animal. L'un des orateurs affirme également que « rien n’empêche de sacrifier un animal », un autre plaisante sur le fait que la dislocation de la colonne vertébrale n’est pas réalisée par un vétérinaire, bien qu’il s’agisse d’une obligation légale, tout en expliquant qu’une autre formatrice « lit trop la réglementation ».
« Former des gaveurs en 2026 avec le soutien des autorités, alors même que cette pratique est interdite ailleurs en Belgique et dans la majorité des pays européens, est tout simplement inacceptable. Inviter les intervenants à éviter les contrôles et à ne pas respecter la législation sur le bien-être animal est scandaleux. Le Ministre wallon du Bien-être animal, au lieu de lutter contre la maltraitance animale, l’organise. » - Sébastien de Jonge, Directeur des opérations chez GAIA

Le foie gras, une maladie
Le foie gras est obtenu par l’ingestion forcée de grandes quantités de bouillie de maïs, jusqu’à provoquer une pathologie du foie appelée stéatose hépatique. Les animaux deviennent incapables d’éliminer les graisses qui s’accumulent dans leur foie. Ils éprouvent des difficultés à se déplacer et présentent des troubles respiratoires. Le volume du foie peut atteindre jusqu’à dix fois sa taille normale. Les canards sont gavés pendant 12 à 14 jours. Durant cette période, la mortalité est multipliée par 10, voire par 20 par rapport à un élevage sans gavage.
Une pratique interdite en Flandre, à Bruxelles et dans la grande majorité des pays européens
Mis à part les pays producteurs, tous les États membres de l'Union européenne interdisent formellement le gavage ou interprètent leurs lois de protection animale comme interdisant de facto cette pratique. Seuls cinq pays de l'UE produisent encore du foie gras : la France, l’Espagne, la Bulgarie, la Hongrie et, en Belgique, la Wallonie.
Le gavage est également interdit en Suisse, en Norvège et en Argentine. En Inde, la commercialisation du foie gras est interdite. Aux États-Unis, des interdictions de commercialisation ont été adoptées, notamment en Californie et à New York.
En Belgique, la Région de Bruxelles-Capitale a interdit le gavage en 2017, suivie par la Flandre en 2018. La Wallonie reste aujourd’hui la seule région du pays à autoriser cette pratique.
Un appel clair au Gouvernement wallon
Face à ces constats, GAIA appelle le Gouvernement wallon à interdire le gavage, à mettre fin à tout soutien public à la filière foie gras et à aligner la Wallonie sur les autres régions belges ainsi que sur la majorité des pays européens.
GAIA rappelle enfin que l’opinion publique est largement favorable à une interdiction : selon un sondage Ipsos réalisé en 2024 à la demande de GAIA, 80 % des Wallons soutiennent l’interdiction du gavage forcé pour la production de foie gras.
Vidéos à télécharger :
ou via https://we.tl/t-wYU74Pa4MwzjDPVQ
Sébastien de Jonge
Programme de la formation - pdf
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