La Wallonie face à la plus grande régression en matière de bien-être animal : le Gouvernement veut réautoriser les delphinariums
Bruxelles, le 4 mars 2026 – Le Gouvernement wallon s’apprête à voter la plus grave régression en matière de bien-être animal jamais connue en Wallonie. Le Ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), a inscrit dans sa révision du Code wallon du Bien-Être Animal une mesure visant à réautoriser, par dérogation, la détention de cétacés. La disposition est à l’agenda du Conseil des Ministres de ce jeudi.

Pour GAIA, il s’agit d’un retour en arrière scandaleux, incompréhensible et indigne d’une région qui se voulait pionnière en matière de bien-être animal. Cette décision constituerait la plus grave régression jamais enregistrée dans ce domaine. Ce recul servirait peut-être certains intérêts commerciaux particuliers, mais en aucun cas ceux des dauphins.
Un cadeau politique au profit de Pairi Daiza
Le Cabinet du Ministre Dolimont a confirmé à GAIA que cette mesure bénéficierait à Pairi Daiza, sous couvert de la création d’un « sanctuaire
Présenter un bassin au sein d’un zoo comme un sanctuaire est trompeur. Un bassin en béton dans un parc zoologique ne sera jamais un sanctuaire.
La place des dauphins est en liberté. Et pour ceux qui sont encore captifs dans des delphinariums et qui peuvent être replacés, leur avenir doit être celui de véritables sanctuaires marins.
Un sanctuaire marin se situe en mer, dans un espace naturel protégé, permettant aux dauphins captifs de retrouver des conditions de vie proches de leur environnement naturel. Plusieurs projets sont déjà en élaboration dans le monde, notamment à Tarente (Italie), Baltimore (États-Unis) et Lipsi (Grèce).
Sébastien de Jonge, Directeur des opérations chez GAIA : « Ce que prépare le Gouvernement wallon est un scandale. Réautoriser les delphinariums constitue la plus grande régression en matière de bien-être animal jamais connue. Les dauphins seraient sacrifiés pour satisfaire des intérêts privés. La Wallonie veut-elle devenir la région du mal-être animal ? »
Une décision à contre-courant de l’évolution internationale
L’année dernière, la Flandre a définitivement acté la fin des delphinariums en Belgique, sur la base d’arguments scientifiques et éthiques clairs concernant l’impossibilité de répondre aux besoins complexes des cétacés en captivité.
Avec cette décision, la Belgique a rejoint des pays comme l’Inde, le Costa Rica, le Chili, la Croatie, la Slovénie et Chypre, qui ont déjà interdit strictement la captivité des dauphins.
La plupart des experts en matière des besoins de bien-être des dauphins s’opposent à la détention de ces mammifères marins en captivité. Des spécialistes internationaux tels que le Dr Lori Marino (The Whale Sanctuary Project), le Dr Naomi Rose (Animal Welfare Institute) ou encore le Dr Hal Whitehead ont démontré que la captivité compromet inévitablement le bien-être des dauphins, animaux hautement sociaux dotés de capacités cognitives exceptionnelles.
La Wallonie s’apprête aujourd’hui à prendre la direction exactement opposée.
Reineke Hameleers, CEO d’Eurogroup for Animals : « Les delphinariums appartiennent au passé. L’Europe doit évoluer vers des solutions respectueuses du bien-être animal, comme les sanctuaires marins, et non revenir à des modèles dépassés. La science est claire : les besoins physiques, sociaux et cognitifs des dauphins ne peuvent être satisfaits en captivité. »
Une décision qui salit l’héritage de Jane Goodall
Jane Goodall, éthologue mondialement reconnue et Messagère de la Paix des Nations Unies, s’était engagée aux côtés de GAIA pour obtenir l’interdiction des delphinariums en Belgique. Elle défendait une vision éthique claire : des animaux hautement intelligents ne doivent pas être condamnés à une vie d’enfermement à des fins de divertissement.
Pour le Docteur Koen Margodt, président du comité d’experts sur les dauphins au Jane Goodall Institute : « Le Dr Jane Goodall était fermement convaincue que les dauphins n’ont pas leur place en captivité. Elle m’a demandé de mettre en place un comité d’experts afin de faciliter leur transfert des bassins de captivité vers des sanctuaires marins côtiers. Ces magnifiques mammifères marins, intelligents, ne méritent rien de moins que des environnements naturels vastes et complexes ».
Les dauphins : des animaux sensibles aux besoins complexes
Les dauphins sont des mammifères marins sensibles, intelligents et profondément sociaux. En liberté, ils peuvent parcourir jusqu’à 100 kilomètres par jour et plonger à plus de 200 mètres de profondeur. Leur milieu naturel est vaste, complexe et stimulant.
En captivité, ils sont confinés dans des bassins artificiels des milliers de fois plus petits que leur habitat naturel. Privés de liberté et soumis à un environnement appauvri, ils développent du stress chronique et des comportements stéréotypés. Leurs besoins sociaux et cognitifs ne peuvent être satisfaits. Les delphinariums sont structurellement incapables de répondre aux exigences éthologiques de ces animaux.
GAIA appelle le Gouvernement MR-Engagés à la raison
GAIA exhorte le Gouvernement wallon à retirer cette dérogation et à respecter l’esprit du Code wallon du Bien-Être Animal.
La place des dauphins est dans l’océan. Pour ceux qui sont déjà captifs, l’avenir doit être celui de véritables sanctuaires marins. La Wallonie peut choisir d’être du côté du progrès scientifique, de l’éthique et du respect du vivant. Ou elle peut choisir de voter la plus grave régression en matière de bien-être animal.
GAIA appelle par ailleurs l’opinion publique à se mobiliser massivement et a mis en ligne une plateforme permettant d’interpeller directement le Gouvernement wallon via stop-delphinariums.be.