Le tribunal condamne des trafiquants de chiots
Des réseaux de commerce de chiens malades mis au jour

Le 20 février 2026, le tribunal correctionnel d’Anvers a condamné Tabitha Vrancken et son fils Matthew De Decker dans un dossier qui met en lumière un système organisé de commerce de chiens malades, notamment en lien avec la société Puppyhouse, déjà condamnée à plusieurs reprises par le passé. GAIA, constituée partie civile, salue cette décision comme une étape importante dans la lutte contre les usines à chiots et les réseaux de trafic de chiens malades.
Condamnés
Tabitha Vrancken a été condamnée à une amende de 8.000 euros (assortie d’un sursis de trois ans), à la confiscation effective de 5.000 euros correspondant aux profits illégalement obtenus, ainsi qu’à une limitation définitive à la détention de maximum deux animaux. Son fils, Matthew De Decker, en état de récidive légale, a été condamné à une peine de travail de 100 heures, avec une peine de remplacement d’un an d’emprisonnement en cas de non-exécution, ainsi qu’à la même restriction stricte quant à la détention d’animaux. Les deux condamnés doivent en outre verser solidairement 4 euros à GAIA à titre de dommage moral symbolique.
Chiennes reproductrices réformées
L’enquête a mis au jour un commerce structuré : l’achat de chiennes reproductrices réformées auprès de Puppyhouse, leur revente au sein du cercle familial, la commercialisation de chiens ne provenant pas de leur propre élevage, des ventes transfrontalières vers les Pays-Bas, l’absence de certificats de garantie valables et le non-respect des obligations d’enregistrement. Les juges ont également retenu des infractions environnementales liées à l’exploitation d’activités sans les permis requis, confirmant le caractère organisé et lucratif du système.
Madame Vrancken et son fils ont également entretenu des relations commerciales douteuses avec l’usine à chiots Hezehof (Diest), au moins aussi tristement célèbre que Puppyhouse (Boechout). Particulièrement choquant est le sort réservé à deux dogues argentins. Madame Vrancken a placé deux dogues argentins, initialement originaires de Roumanie, via son fils, chez Hezehof. Me Anthony Godfroid, avocat de GAIA, déclare : « La condamnée Mme Vrancken se présente volontiers comme une ’sauveuse'. Quand je constate qu’elle et son fils ont commercialisé des chiens tant chez Hezehof qu'à Puppyhouse, il est grand temps de mettre fin à ce mensonge. Leurs activités n’ont rien à voir avec du sauvetage, mais bien avec du commerce pur et simple sur le dos de chiens malades et même handicapés. »
Chien déclaré « décédé »
Le dossier a également révélé de graves manipulations administratives, notamment l’enregistrement d’un chien comme « décédé » alors qu’il était toujours en vie, afin de contourner les seuils légaux en matière de détention d’animaux.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large. Puppyhouse (également connue sous les noms Happy Doggy et Dierenplezier) avait déjà été condamnée pour la vente de chiots importés trop jeunes d’Europe de l’Est. En 2023, la Cour d’appel d’Anvers a donné raison à GAIA et a de nouveau condamné Puppyhouse et ses responsables, notamment pour des faits graves liés au traitement et à la mise à mort de chiots. Ces condamnations successives démontrent l’existence de pratiques structurelles et répétées dans le secteur du commerce intensif de chiots.
Signal fort
Selon Michel Vandenbosch, président de GAIA, « cette condamnation confirme que ceux qui tirent profit du commerce illégal de chiens et traitent des êtres sensibles comme de simples marchandises doivent être tenus pour responsables devant la justice. Il s’agit d’un signal fort adressé à l’ensemble du secteur. »
Par cette décision, la Justice reconnaît explicitement le caractère lucratif et structuré du trafic et sanctionne non seulement les atteintes au bien-être animal, mais aussi les infractions à la législation environnementale qui encadre strictement l’élevage et le commerce de chiens.