Nouvelle campagne : interdire l'ébouillantage des homards vivants

Nouvelle campagne : interdire l'ébouillantage des homards vivants

L’enquête le démontre : 7 Bruxellois sur 10 soutiennent une interdiction légale de la mise à mort des homards sans étourdissement

Bruxelles, le 15 octobre 2020 – Avec une nouvelle campagne GAIA réclame auprès des trois ministres régionaux du bien-être animal l'interdiction d'ébouillanter et de couper en deux les homards vivants. « Nous demandons que les animaux soient étourdis avant leur mise à mort afin qu'ils ne ressentent pas la douleur », explique le président de GAIA, Michel Vandenbosch. « Cette mesure est parfaitement possible grâce au Crustastun, un appareil électrique qui permet d'étourdir et de mettre à mort sans douleur les crustacés. » Un sondage réalisé par Ipsos[1] révèle que plus que 7 Bruxellois sur 10 soutiennent l'interdiction réclamée par l'organisation de défense des animaux.  « Il existe suffisamment de données scientifiques qui confirment que les crustacés ressentent la douleur, et les citoyens sont de plus en plus sensibles à cette question. Il est donc temps de mettre un terme à l'ébouillantage et au découpage des homards encore vivants. Ce ne sont pas "que" des homards, ce sont des animaux qui éprouvent véritablement la souffrance. » 

En 2019, la Belgique a importé 3,8 millions de homards vivants. Notre pays est d'ailleurs le cinquième plus grand consommateur de homard au monde. En termes de ratio par habitant, le Belge est même le premier consommateur mondial. Ce sont 63 % des Bruxellois qui mangent du homard.  Et 10 % de ces consommateurs tuent l'animal eux-mêmes lors de la préparation. Dans 85 % des cas, ils le font par ébouillantage, et dans 15 % des cas, en le coupant en deux. Pour GAIA, ces deux méthodes – ainsi que toutes les autres où les animaux sont tués sans étourdissement – sont totalement inacceptables. L'organisation de défense des animaux souligne l’existence d’une méthode plus respectueuse du bien-être du homards : l'étourdissement électrique. « Les crustacés sont soumis à un courant électrique suffisamment puissant pour les étourdir instantanément et les mettre à mort sans douleur en cinq secondes », explique Michel Vandenbosch. 

De la pêche à l'assiette : une longue souffrance

De la capture jusqu'à la mort, le parcours du homard est un véritable calvaire. Les animaux sont transportés du Canada vers la Belgique dans des boîtes en polystyrène équipées de packs de gel. Ils sont maintenus à la verticale, les pinces vers le haut. « Même les bouteilles de vin disposent de plus de place dans les boîtes de transport », déplore le président de GAIA. À l'arrivée, les homards sont, dans le meilleur des cas, maintenus en vie dans des aquariums, parfois pendant plusieurs mois. Les conditions de détention sont alors déplorables : pinces immobilisées par un élastique, densité de peuplement élevée, vive lumière artificielle, absence d'abri...  Souvent, on ne prend même pas la peine de placer les animaux dans un aquarium, on les dispose simplement sur de la glace. À l'air libre, leur état se détériore fortement ; la mort hors de l'eau survient au bout de quelques jours d'agonie. « Le point culminant de tous ces mauvais traitements : les animaux sont ébouillantés ou coupés en deux alors qu'ils sont pleinement conscients. Des vertébrés ne recevraient jamais un tel traitement... »

Douleur

Des recherches scientifiques récentes (menées notamment par le professeur Bob Elwood de l'Université Queen's de Belfast) démontrent que les réactions manifestées par les crustacés – tels que les crabes et les homards – en cas de stimuli aversifs ne sont pas de simples réflexes mais bel et bien l'expression d'une véritable douleur. En effet, plusieurs scientifiques du cerveau de différentes disciplines ont déclaré que non seulement les humains mais aussi les vertébrés et les invertébrés disposent d’une (forme de) conscience et éprouvent des sentiments de douleur (Cambridge Declaration on consciousness). Cette réalité scientifique, de plus en plus de citoyens en ont également connaissance : 83 % des Bruxellois ont conscience que les homards ressentent la douleur. En outre, quatre Bruxellois sur cinq estiment que les homards ressentent la douleur lorsqu'ils sont ébouillantés vivants et considèrent que c'est également le cas lorsqu'ils sont découpés vivants.

Interdire la mise à mort sans étourdissement des homards: 3/4 des Bruxellois sont d'accord

« Nous ne pouvons donc plus accepter la mise à mort dans des conditions aussi cruelles de près de quatre millions de homards importés en Belgique chaque année. Nous devons leur épargner toute souffrance possible, c'est notre responsabilité éthique. D'autant plus lorsque cette souffrance peut techniquement être évitée. Nous demandons donc aux trois ministres régionaux du bien-être animal d'adopter une interdiction de l'ébouillantage des homards vivants, comme c'est déjà le cas en Suisse. GAIA demande également l'interdiction de découper les homards en deux. » Il ressort du sondage Ipsos que ces mesures pourraient compter sur le soutien d'une grande partie de la population : 74 % des Bruxellois sont en effet d'accord avec une interdiction de l'abattage sans étourdissement des homards.

Une méthode d’abatage plus respectueuse des animaux : le Crustastun

Le Crustastun est un appareil d’étourdissement et d’abatage du homard, qui en plus permet de conserver la texture « juteuse » et « tendre » de la chair. L'appareil neutralise en une seconde la sensibilité à la douleur de l'animal, et peut entraîner sa mort en cinq secondes. « On entend parfois certains chefs et cuisiniers amateurs affirmer qu'aucune autre méthode ne permet de préserver la qualité du produit (homard), mais c'est donc complètement faux. »

Dans le cadre de sa campagne, GAIA appelle tous les citoyens belges à signer sa pétition.

[1] Échantillon représentatif réalisé par le bureau d'études Ipsos, à la demande de GAIA, entre le 6 et le 10 mars 2020. Tous les chiffres et pourcentages mentionnés dans le présent communiqué de presse proviennent de ce sondage.

[2] http://fcmconference.org/img/CambridgeDeclarationOnConsciousness.pdf

 

---Fin du communiqué---

Plus d'infos

CONTACT

Michel Vandenosch, président de GAIA: 0475 45 20 15

A propos de GAIA

L’organisation de défense des animaux GAIA unit les personnes engagées pour une reconnaissance du droits des animaux en Belgique, et milite pour leur bien-être. Fondée en 1992, GAIA compte plus de 50.000 membres et sympathisants. GAIA dénonce la cruauté et la maltraitance organisées envers les animaux au moyen d’enquêtes et de campagnes actives et pacifiques.

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