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NOUVELLE CAMPAGNE // Malformations, parasites et taux de mortalité élevés : les profondeurs obscures de l'industrie écossaise du saumon révélées par une nouvelle enquête

NOUVELLE CAMPAGNE // Malformations, parasites et taux de mortalité élevés : les profondeurs obscures de l'industrie écossaise du saumon révélées par une nouvelle enquête

"Les saumons souffrent en silence"

Bruxelles, 23 mars 2021 - Entre septembre et novembre 2020, une enquête de grande envergure[1] a eu lieu, à l'aide de drones et d'hommes-grenouilles, dans 22 fermes écossaises différentes dans lesquelles les saumons sont élevés massivement, enfermés dans des cages en mer. L'enquête effectuée par Compassion in World Farming (CIWF) et diffusée par GAIA en Belgique, met en lumière une souffrance énorme pour ces animaux : des saumons présentant des déformations, des maladies, certains ont perdu un œil, des algues poussant sur de grandes plaies ouvertes, des morceaux de chair et de peau rongés par les poux de mer ... "La situation est totalement inacceptable", déclare Michel Vandenbosch, président de GAIA. " La souffrance de ces animaux est telle que près d’un un quart d'entre eux meur avant même d'être abattu." La Belgique est le neuvième importateur mondial de saumon d’Écosse.

L'Écosse est le troisième plus grand producteur mondial de saumon atlantique d'élevage (environ 35 millions de poissons ont été élevés en 2019) et le secteur prévoit de doubler son activité d'ici 2030. Nous avons enquêté sur un total de 22 fermes (le long de la côte écossaise et des îles Shetland) en collaboration avec Compassion in World Farming (CIWF) entre septembre et novembre 2020, en utilisant à la fois des drones et, dans 6 fermes, des hommes-grenouilles.

En 2019, la Belgique a importé 1 260,9 tonnes de saumon (frais et congelé) en provenance du Royaume-Uni[2]. En 2018, ce chiffre était de 715,9 tonnes. Notre pays est ainsi le neuvième importateur mondial de saumon d’Écosse.

Des souffrances à une échelle alarmante

Les chercheurs ont constaté des problèmes majeurs relativement au bien-être animal et à l'environnement dans les élevages visités. Le taux de production est tel que les infestations de poux de mer[3] et la prolifération d’autres maladies sont devenues incontrôlables, faisant souffrir les poissons à une échelle alarmante et menaçant la population de poissons sauvages. Les images montrent des saumons présentant des malformations et des maladies, des yeux manquants, des blessures aux nageoires, des algues poussant dans les plaies ouvertes, des blessures aux branchies, des éraflures et de gros morceaux de chair et de peau rongés par les poux de mer. Les saumons sauvages parcourent parfois 3 000 km pour se reproduire, mais dans les élevages intensifs, ils nagent sans but et sont entassés les uns sur les autres dans des cages pendant environ deux ans. Ces conditions de vie misérables provoquent de graves blessures.

"L'époque où nous supposions que les poissons ne ressentaient pas la douleur est révolue depuis longtemps", déclare Michel Vandenbosch. De plus en plus de recherches scientifiques (par exemple, l'Institut Roslin et l'Université d'Édimbourg (2003) ; l'Université de Liverpool, 2019) prouvent que cette affirmation, souvent émise par les pêcheurs est erronée : les poissons sont capable de ressentir la douleur. La structure du cerveau de tous les vertébrés et donc y compris des poissons est suffisamment complexe pour leur permettre de ressentir la douleur.

Impact négatif sur l'environnement

La système actuel a également un impact négatif sur l'environnement : les déchets organiques et chimiques produits par ces élevages de saumon modifient la composition chimique des sédiments et tuent la vie marine des fonds marins. Les déchets des exploitations agricoles peuvent entraîner une mauvaise qualité de l'eau et une prolifération d'algues nuisibles. Des produits chimiques et des médicaments, tels que des insecticides, sont également rejetés et nombre de ces substances sont connues pour être toxiques pour les poissons et autres organismes marins, ainsi que pour les oiseaux et les mammifères.

Cette nouvelle campagne de GAIA vise notamment à sensibiliser les consommateurs. "Le saumon d’Écosse est vendu comme un produit de luxe. Cependant, la réalité est toute autre : il s’agit d’un produit synonyme de terribles souffrances pour les animaux, avec également un impact très néfaste sur l'environnement".

-Fin du communiqué de presse-

Plus d'informations

[1] Il s'agit de la plus grande enquête sous couverture jamais réalisée dans l'industrie écossaise du saumon.

[2] Le Royaume-Uni ne semble pas produire de saumon du Danube, mais peut en importer. Ces exportations sont donc susceptibles d'être constituées uniquement de saumon atlantique d'élevage écossais.

[3] Les poux de mer sont des parasites qui se nourrissent de la peau, du sang et du mucus des poissons. Leur nombre a augmenté avec l'expansion de l'industrie du saumon, qui n'a pas encore adopté de méthode de traitement ou de prévention efficace, respectueuse du bien-être et de l'environnement. Les méthodes mises au point par l'industrie pour tenter de débarrasser les poissons des poux de mer, comme l'exposition des poissons à l'eau chaude ou à la haute pression ("Thermolicer" et "Hydrolicer") sont cruelles et inefficaces. De nombreux poissons en meurent.

 

A propos de GAIA

L’organisation de défense des animaux GAIA unit les personnes engagées pour une reconnaissance du droits des animaux en Belgique, et milite pour leur bien-être. Fondée en 1992, GAIA compte plus de 50.000 membres et sympathisants. GAIA dénonce la cruauté et la maltraitance organisées envers les animaux au moyen d’enquêtes et de campagnes actives et pacifiques.

GAIA
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