Nouvelle enquête sur l’origine révoltante de la viande chevaline dans les supermarchés belges

Nouvelle enquête sur l’origine révoltante de la viande chevaline dans les supermarchés belges

« Ce commerce de la souffrance doit cesser ! »

Mardi 8 mars 2016 — L’organisation de défense des animaux GAIA révèle les observations accablantes d’une récente investigation menée en Argentine et en Uruguay sur le commerce de la viande chevaline destinée à être exportée dans l’UE et en Belgique. L’enquête a été réalisée par les organisations Tierschutzbund Zürich et Animal Welfare Foundation (TSB/AWF), toutes deux partenaires de GAIA. « Une nouvelle fois, nous avons la preuve que le chemin qui mène du cheval aux assiettes des consommateurs belges n’est qu’enchaînement de maltraitances, négligences et fraudes », commente le président de GAIA, Michel Vandenbosch. « On en a assez ! Il est grand temps que tous les supermarchés cessent de vendre de la viande chevaline, plus particulièrement en provenance d’Amérique (latine). »

Cette enquête, menée sur le terrain en Argentine et en Uruguay l’année passée, cible autant des centres de rassemblement et des lieux de vente aux enchères de chevaux que des routes fréquentées par des transporteurs de chevaux et des abattoirs. Tout au long de leur parcours, les enquêteurs ont fait de nombreuses observations révoltantes qui témoignent de la souffrance des chevaux. Certains animaux sont d’une grave maigreur et présentent des blessures non soignées et des écorchures sur le corps et la tête. Le rapport fait aussi état de chevaux affamés, épuisés et négligés… Dans des pâtures, les enquêteurs ont également trouvé des carcasses de chevaux en décomposition des animaux qu’on a laissé mourir.

 

Des pratiques douteuses

Dans ces contrées, le chemin vers les abattoirs peut facilement dépasser les 1000 kilomètres avec des temps de transport dépassant les 24 heures. Les véhicules observés sont clairement inadaptés à transporter des chevaux. Délabrés, ils n’offrent aucune protection contre les intempéries, ni eau ou nourriture aux animaux. Lors des chargements, les chevaux reçoivent des coups de bâton. Ils sont pourchassés et même mordus par des chiens. Dans des remorques surchargées, ils subissent entre eux des combats de domination. Les conditions de transport décrites dans ce rapport entrent encore une fois en nette contradiction avec les normes européennes applicables en la matière. Une fois arrivés à l’abattoir, des aiguillons électriques sont systématiquement utilisés sur le premier cheval dans la file afin de le faire entrer dans le bâtiment.

Le rapport fait aussi état à plusieurs reprises de l’absence de boucles d’identification sur certains chevaux. Ce qui est à nouveau une claire violation des législations locale et européenne. La probabilité que les animaux ne soient pas accompagnés des documents nécessaires est grande, puisque ceux-ci doivent obligatoirement mentionner le numéro inscrit sur la boucle d’oreille. Ce manque de traçabilité présente d’ailleurs un risque important pour la santé des consommateurs.

 

La Belgique, une plaque tournante

Le lien avec la Belgique ? En 2015, l’Argentine a exporté vers l’Union européenne plus de 7500 tonnes de viande chevaline, dont environ 1700 tonnes vers la Belgique. Et depuis l’Uruguay, environ 3100 tonnes de viande chevaline ont été acheminées vers l’UE, dont 1030 tonnes (le tiers !) rien que vers la Belgique. En Uruguay, les trois abattoirs de chevaux approuvés par l’UE sont Clay, Agroindustrial Del Este et Sarel. Ce dernier appartient à l’importateur belge Multimeat. Tout laisse donc à penser que plusieurs supermarchés belges vendent de la viande de chevaux qui ont subi les maltraitances inadmissibles constatées lors de cette enquête.

L’Argentine continue elle aussi de fournir plusieurs chaînes de supermarchés belges en viande chevaline. Notre pays est d’ailleurs considéré comme une plaque tournante de ce commerce juteux. Quatre entreprises belges en tirent les rênes : Chevideco, Equinox, Multimeat et Velda. Equinox travaille en liens étroits avec l’abattoir argentin Lamar, et Chevideco collabore avec l’abattoir Entre Rios. Malgré le fait que GAIA tire la sonnette d’alarme depuis des années, ces entreprises belges continuent d’insister que tout est en règle en Argentine et en Uruguay, en faisant notamment référence aux inspections de l’UE sur place. Ces inspections n’ont cependant lieu que dans les abattoirs et n’incluent pas d’autres acteurs plus en amont.

 

Tirer les conclusions qui s’imposent

Michel Vandenbosch : « L’importation de la viande chevaline en provenance du Mexique a été interdite fin 2014 par la Commission européenne et ce, grâce aux efforts consentis par GAIA. Mais certaines chaînes de supermarchés belges continuent encore de vendre de la viande chevaline en provenance d’Amérique (latine). Ce qui est encore plus inacceptable est que ces derniers sont absolument aux faits de la situation sur place. Nos premières enquêtes sur le terrain remontent à 2010, et en six ans je constate que rien n’a changé. Heureusement, certaines chaînes ont tiré les conclusions qui s’imposent. Lidl a cessé toute vente de viande de cheval. Colruyt et Makro, quant à eux, n’achètent plus que de la viande de chevaux provenant de l’Union Européenne ». Il conclut : « Je lance aujourd’hui un appel aux autres chaînes afin qu’elles arrêtent elles aussi de cautionner cette souffrance animale et ces pratiques intolérables ».

GAIA demande aux supermarchés de prendre pleinement leur responsabilité face à ce trafic et invite le public à leur envoyer un message de protestation afin qu’ils cessent de vendre de viande cheval, à fortiori en provenance d'Amérique (latine).

---Fin du communiqué---

VERSION COURTE: Enquête : le commerce de la viande chevaline en Argentine et Uruguay

VERSION LONGUE: Enquête : le commerce de la viande chevaline en Argentine et Uruguay

TRAILER: Le commerce de la viande chevaline en Argentine et Uruguay

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