Un « Code du mal-être animal ? » GAIA et l’UWPA dénoncent un projet de révision régressif du Code wallon du Bien-être animal

Bruxelles, le 4 mars 2026Alors que son examen par le Conseil des ministres wallons est prévu ce jeudi, le projet de révision du Code wallon du Bien-être animal suscite une vive inquiétude parmi les organisations de protection animale. GAIA et l’Union Wallonne pour la Protection Animale (UWPA) – qui représentent ensemble plus de 150 000 membres - dénoncent un texte qui, loin de renforcer la protection des animaux, contient plusieurs reculs majeurs et des dispositions difficilement audibles.

Au-delà de la question déjà largement dénoncée des delphinariums, pour laquelle des milliers de mails ont été envoyés en quelques heures par les citoyens au gouvernement wallon, le projet de réforme introduit plusieurs mesures régressives et incohérentes.

Le texte prévoit notamment la création d’un nouveau statut de « négociant » pour les vendeurs de chiens et de chats, fermant la porte à l’interdiction de l’importation de chiots et de chatons et à ses dérives. Il ouvre également la possibilité pour les animaleries de servir d’intermédiaires dans la vente d’animaux sauvages ne figurant pas sur la liste positive.

Le texte prévoit également un affaiblissement des mesures de contrôle concernant la caudectomie chez les chevaux de trait et la coupe des oreilles chez les chiens, en supprimant l’obligation de notification à l’administration de ces pratiques pourtant strictement encadrées jusqu’à maintenant.

Autre sujet de préoccupation majeur : la création d’un nouveau statut permettant aux autorités de placer des animaux saisis pour maltraitance auprès d’éleveurs ou d’engraisseurs. Une telle disposition pourrait conduire à ce que ces animaux soient envoyés à l’abattoir ou réintégrés dans des circuits d’exploitation, plutôt que d’être pris en charge dans une logique de protection.

Par ailleurs, le projet ne contient aucune mesure concernant plusieurs dossiers importants pour la protection animale, notamment la fourrure, la viande de kangourou, les rodéos, les poulets de chair ou encore la castration à vif des porcelets.

Les quelques mesures qui pourraient apparaître positives dans le texte, telles que l’interdiction de l’abattage d’animaux à domicile, restent par ailleurs floues et insuffisamment détaillées. Concernant l’abattage à domicile par exemple, une dérogation est prévue pour les professionnels, sans que ce statut ne soit clairement défini.

Pour GAIA et l’UWPA, le texte dans sa forme actuelle s’éloigne fortement de l’objectif initial d’amélioration des normes de protection.

« Ce projet contient plusieurs reculs majeurs et ignore des dossiers importants attendus depuis longtemps. Un Code du Bien-être animal devrait renforcer la protection des animaux, pas l’affaiblir. Dans l’état actuel du texte, nous parlons plutôt d’un Code du mal-être animal », déclare Sébastien de Jonge, GAIA.
« Nous découvrons des modifications importantes à la veille de leur adoption en première lecture par le gouvernement wallon, sans réelle concertation avec les organisations de protection animale. Une réforme d’une telle ampleur mérite un travail sérieux et transparent avec le secteur », ajoute Gaëtan Sgualdino, UWPA.

Les organisations dénoncent également la méthode de travail du ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), qu’elles jugent problématique. Les organisations actives dans la protection animale ont été informées mardi du contenu des dispositions du texte, sans réelle consultation préalable. Par ailleurs, les associations dénoncent l’attitude du ministre, accusant celles-ci de mensonge pour tenter de justifier ses choix politiques.

Face à ces nombreuses inquiétudes, GAIA et l’UWPA demandent des modifications substantielles du projet de Code et l’ouverture d’une véritable concertation avec les organisations de protection animale afin de garantir que la révision du Code serve réellement à améliorer la protection des animaux en Wallonie.

 

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